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NoirsPolars

Police de Jo Nesbø: le chef-d'œuvre était sombre

8 Juin 2014 , Rédigé par Daniel Marois Publié dans #DANIEL MAROIS, #Jo Nesbø, #Nesbo, #Police, #Critique polars, #Fantôme, #Harry Hole, #Norvege, #Éditions Gallimard - Série noire., #Politi

Police de Jo Nesbø: le chef-d'œuvre était sombre

Habile, talentueux... Les superlatifs commencent à manquer pour décrire l'œuvre de Jo Nesbø. Police est le 10e volume de la série. Au lieu de s'étioler, celle-ci prend une ampleur incontestable. Je vais vous laisser le plaisir de découvrir ce qu'il advient de l'inoubliable inspecteur Harry Hole. Ce n'est pas ici que vous découvrirez s'il survit ou revient.


Intimement lié à Fantôme, il serait plus que préférable d'avoir lu ce dernier pour apprécier à sa juste valeur le nouveau polar de Jo Nesbø. Police mérite largement cette considération. Chronique d'un sombre chef-d'œuvre.

Le roman précédent de l'auteur norvégien nous laissait en plein désarroi avec cette mort appréhendée de l'ex-inspecteur Harry Hole, tiré à bout portant. Une sorte de fin ouverte désespérante pour les amateurs. En véritable maître du suspense et du spectacle, Jo Nesbø entame Police sans un mot sur l'état de son personnage principal, comme s'il avait disparu à jamais. Mais il y a des indices de sa présence. Les autres personnages y font référence et une haute surveillance pour protéger un patient dans le coma est mise en place. Il serait l'unique témoin d'un attentat qui pourrait révéler le nom de la personne qui exerce le contrôle de la drogue à Oslo. Le nouveau chef de la police, Mikael Bellman, un pourri de la pire espèce et son homme de main, le policier Truls Berntsen seraient en danger si le patient sortait de sa léthargie. La corruption atteint les plus hautes sphères de la société norvégienne.

Mais il y a bien pire. Un assassin a entrepris le ménage chez les forces policières. Il attire les inspecteurs ayant échoué à résoudre un crime sur les lieux mêmes des attentats et les exécute. Deux meurtres, puis trois. La presse se déchaîne et l'absence de résultat sème la discorde jusqu'à l'hôtel de ville. L'insaisissable meurtrier remonte toutes les affaires pour punir les policiers. Et les pistes se multiplient. Est-ce un policier corrompu, un psychopathe, un ancien taulard ou plusieurs assassins différents qui profitent de la situation pour assouvir une vengeance?

L'absence de Harry Hole décuple notre intérêt envers des personnages jusqu'ici secondaires. Jo Nesbø sait y faire, croyez-moi, il joue avec nos sentiments et nos nerfs avec une adresse affolante, et lorsque le tueur de policiers s'approche d'un protagoniste devenu principal, le légitime frisson devient une puissante angoisse.

Comme toujours chez Jo Nesbø, l'action ne s'essouffle pas. Les rebondissements et retournements de situation sont nombreux et gardent le lecteur sur le qui-vive.
Si jamais vous entendez quelqu'un s'écrier: non, mais vous avez lu ça?!? Un autre foutu auteur scandinave qui vient nous faire la leçon. Ah à bas ces Suédois, ces Danois, ces Islandais, ces Norvégiens, et les Belges, tant qu'à faire! Trop à la mode. C'est mainstream, je passe... Riez!

Les polars précédents de la série étaient tous bons, malgré quelques incongruités, ici et là. Chaque nouveauté de l'auteur chéri de la Norvège est maintenant devenue un événement pour bien des amateurs de romans policiers. Celui-ci, Police, s'avère le meilleur de tous.

Comme si c'était possible... Eh bien, ça l'est.

Allez-y lire.

Jo Nesbø, Police, Éditions Gallimard / Série noire. Traduit du Norvégien par Alain Gnaedig (Politi, 2013) Mai 2014. 594 pages. Aussi disponible en version électronique.

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