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NoirsPolars

Des nœuds d'acier. Un Grand prix de littérature policière qui montre les crocs!

30 Octobre 2013 , Rédigé par Daniel Marois Publié dans #Sandrine Collette, #Grand prix de littérature policière, #Des nœuds d'acier, #DANIEL MAROIS, #Polar

Des nœuds d'acier. Un Grand prix de littérature policière qui montre les crocs!

Sandrine Collette vient de mériter le Grand prix de littérature policière 2013 avec Des nœuds d'acier.

Sandrine Collette, lauréate à la plume d'acier

Des nœuds d'acier présente une histoire toute simple. Théo sort de prison après avoir purgé une peine pour l'agression de son frère qui venait de coucher avec Lil, son épouse. Il a besoin du grand air, alors il part pour le sud de la France dans un gite. Il se promène, marche et réfléchit. La patronne de l'établissement dirige alors ses pas vers un lieu somptueux, désert, en pleine forêt où deux vieillards s'emparent de lui et le contraignent à devenir un esclave domestique. La promenade d'une journée se métamorphose en un enfer indescriptible. Son existence devient une vraie vie de chien.

En soi, ce quasi huis clos totalement horrifiant est particulièrement vraisemblable. Le suspense est maintenu avec beaucoup de doigté, toujours sur le fil sans jamais basculer vers la sempiternelle description de la violence, même si la pauvre victime se fait maltraiter autant physiquement que psychologiquement. L'auteure fait un usage diabolique des ellipses et des sous-entendus qui laissent au lecteur le soin d'imaginer les sévices. Cette tension extrême sera constante tout au long du récit, annihilant toute envie d'une promenade dans les bois!

Théo assiste impuissant à sa propre déchéance; il en fait la description jour après jour. La privation, la soif, la faim. Les chaînes aux pieds, le travail trop dur, la cave humide qui devient le simple lieu où, sous nos yeux un peu voyeurs, il se dématérialise. Les tentatives d'évasion qui vont se solder par encore plus de mauvais traitements, et toujours ces vieux qui l'appellent le chien, alors Théo va lentement glisser dans un univers de servilité, prêt à lécher la main qui le nourrit. Subtilement, le langage change et le poids des mots s'ajoute au poids de l'existence. Le lyrisme à connotation canine vient embrigader le malheureux Théo qui y perd son courage et sa détermination. Il n'y a plus rien d'autre devant lui que la dégénérescence du corps et de l'esprit.

Un polar aussi répugnant qu'il est fascinant sur l'asservissement d'un homme. Pour Des nœuds d'acier, Sandrine Collette a bien mérité le Grand prix de littérature policière 2013.

Sandrine Collette Des nœuds d'acier, Éditions Denoël « sueurs froides ». Février 2013. 265 pages. Disponible en version papier et numérique.

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